D’une année sur l’autre, les saisons se suivent et se répètent inlassablement, indifférentes aux changements qu’elles provoquent en chacun d’entre nous. Dès leur venue, voilà qu’elles réveillent en effet dans nos cœurs, de par leur singularité, quantité d’émotions contradictoires ! Ainsi, au fil des mois, passons-nous de l’attendrissement à la joie, de la joie à la mélancolie, de la mélancolie à l’abattement, nos états d’âme changeant, comme par magie, à la vue des premiers narcisses, des premières floraisons, des premières cueillettes, des premières feuilles mortes, enfin, des premiers froids…
Cependant, les saisons ne se contentent pas de donner des couleurs à nos sensations. Elles sont, par ailleurs, ce cadre spatio-temporel, à la fois enchanteur et contraignant, où se jouent nos vies, nos amours, nos réussites comme nos échecs. Aussi, à l’aube de la vieillesse, à les avoir tant vues se succéder au fil des ans, peut-on comprendre que certains, las, aspirent — sans forcément se l’avouer à eux-mêmes — à ce que le vent de l’une d’entre elles ne les emporte au plus vite…
Philippe Parrot
Photo libre de droit trouvée sur Pixabay.com (Auteur : Kliempictures)
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Poème 499 : Quand passent les saisons…
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Les éblouissantes
Floraisons,
— Le Printemps là ! —
Par leurs puissantes
Exhalaisons,
Enivrent mon être las.
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Les fragrances
Des fleurs
— Au vent de Mai ! —
Trahissent ton absence,
Rappel de nos ardeurs
Quand, jadis, l’on s’aimait.
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Les rais du soleil
Assoiffent la terre,
— L’Été bien présent ! —.
En main une bouteille,
Qui, fraîche, désaltère,
Je m’étends…
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Allongé sur le sable,
— Quel splendide horizon
Que la mer en Août ! —
Les gorgées agréables
Obscurcissent ma raison
D’homme dans le doute.
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Le rauque brame
Des cerfs,
— L’Automne venu ! —
Émeut mon âme,
Par Toi, hier,
Mise à nu.
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Leur appel réveille,
Au tréfonds de ma chair,
— Fols élans de Novembre ! —
L’émoi de nos corps en éveil,
Poussés aux surenchères…
Au sol, ton collier d’ambre.
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Les flocons de neige,
Dans la froide grisaille
— L’Hiver régnant ! —
Font leur étrange manège
Sur les arbres et la rocaille.
Quel linceul poignant !
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Leur blancheur,
Immaculé,
— En ce mois de Janvier ! —
Évoque à mon cœur
Ta beauté inégalée,
Par les autres enviée.
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Pareil au
Condamné
— Privé des Saisons ! —
Mes souvenirs à vau-l’eau,
Dissous par les années,
Me fuient sans raison…
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Alors, à ne rien rester
De notre fol amour
— Dans le flux du Temps ! —
Tellement attristé,
Par-delà les discours,
Que m’emporte l’Autan !
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P 499 – Quand passent les saisons
Poème écrit par Philippe Parrot
Entre le 13 et le 15 décembre 2021
[youtube]https://youtu.be/7Y5p9MP8I3A[/youtube]
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